Advo'cast - Le Droit au Micro

Episode 16 - Axel PANNETIER

Season 1 Episode 16

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Entretien avec Axel PANNETIER, juriste en généalogie successorale chez Coutot-Roehrig.

Dans cet épisode, nous abordons les thèmes de la recherche des héritiers et plus largement de la généalogie successorale avec des anecdotes inspirantes et des conseils concrets pour les généalogistes de demain. Que vous soyez en route, au travail ou à la maison, branchez vos écouteurs et laissez-vous emporter !

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SPEAKER_02

Advocast, le droit au micro, épisode 16. Bonjour à tous et bienvenue à ce 16e épisode de AdvoCast, le Dromicro. Nous sommes aujourd'hui en présence de monsieur Axel Panetier. Monsieur, je vous laisse vous présenter.

SPEAKER_01

Bonjour à tous, je m'appelle Axel Panetier. Je suis généalogiste successoral au sein du cabinet Couto-Royerig. J'exerce le métier depuis 4 ans et demi. Je suis rentré au sein de ce cabinet fin 2021. Après un parcours de droit assez classique, j'ai effectué une licence à l'Institut catholique de Toulouse. C'était du droit civil général au niveau des options que j'avais choisi j'ai poursuivi en master 1 et master 2 à l'université toulouse un capitole dans le cursus juriste d'entreprise donc c'était essentiellement du droit des affaires donc droit des contrats droit des sociétés droit international privé dans le cadre du master 2 à l'époque c'était un master 2 qui était en alternance l'alternance je l'avais effectué à au sein d'une société qui m'a ensuite gardé en CDI pendant 5-6 ans et c'était un poste de juriste d'affaires assez classique également je pratiquais essentiellement du droit des obligations rédaction, négociation de contrat d'affaires en France, à l'étranger gestion d'un portefeuille de société aussi tant française qu'étrangère donc un petit peu de droit des sociétés et tout ce qui avait attrait à la formation des équipes opérationnelles donc les commerciaux les acheteurs, les

SPEAKER_02

ingénieurs. Voilà. Et cette profession a-t-elle toujours été une vocation pour vous

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Comme vous l'avez

SPEAKER_01

dit, vous avez d'abord eu des fonctions dans une liste d'affaires. Tout à fait. Je me destinais plutôt à ça initialement. J'avais fait mes choix un petit peu par défaut dans le sens je savais que j'étais à l'aise en droit des affaires et j'avais eu la chance de trouver ce stage à la fin de mon Master 1 qui s'était transformé en alternance au cours de mon Master 2. Et c'était... parcours assez facile entre guillemets pour moi à partir du moment j'étais rentré dans cette entreprise et que j'avais commencé à travailler j'ai commencé par vraiment me prendre de passion pour ce métier initialement mes ambitions c'était de poursuivre pendant deux ans après le master 2 pour devenir avocat d'affaires mais à partir du moment peut-être que vous le découvrirez dans quelques mois ou dans quelques années à partir du moment on commence à toucher le concret et à sortir un petit peu des cours théoriques de la fac c'est très prenant. Donc, j'ai décidé de prendre cette opportunité de travailler dans cette entreprise, de faire mes premières armes. C'était hyper intéressant, je ne regrette rien. J'ai pris beaucoup en maturité pendant ces 5-6 années chez eux. Mais, je ne sais pas comment vous l'expliquer, ce n'était pas non plus quelque chose qui me remplissait de l'intérieur. Je n'étais pas passionné par ce que je faisais. Et je savais que je n'y ferais pas ma vie. Donc, à partir de là, ce moment-là, bon, à l'époque, je me disais, faire 5 ans dans une boîte, c'est solide, sur un CV, si on veut prendre des risques, faire autre chose, reprendre ses études pour devenir avocat, on peut toujours le faire, et puis si on se plante, après tout, on a quand même une expérience de 5 ans qui est quand même une expérience de juriste confirmée en entreprise, donc on peut toujours revenir derrière, et c'est comme ça que j'ai commencé à m'interroger sur ce que je voulais faire d'autre, donc j'ai passé plusieurs entretiens d'embauche à l'époque pour... travailler en tant que juriste dans d'autres sociétés, mais c'était quasi systématiquement pour faire la même chose. Donc juriste d'affaires, droit des sociétés, droit des contrats. Et je savais que je voulais pas faire ma vie là-dedans. Donc j'étais un petit peu décontenancé à l'époque, je me cherchais un petit peu et alors que je venais de prendre la décision de reprendre mes études pour pousser à fond mon projet de devenir avocat, j'ai ce cabinet de recrutement qui m'a appelé pour me parler de cette profession, donc généalogiste successoral. Je vous avoue que la première fois que j'ai entendu ça, je ne savais pas du tout de quoi y en retourner. Pour moi, la généalogie, c'était quelque chose d'assez poussiéreux dans la manière de le présenter. Je m'imaginais, je ne sais pas moi, des personnes assez âgées qui travaillaient avec des vieux grimoires. Je ne voyais pas du tout le côté jeune, dynamique, challengeant que je recherchais. Et en réalité, j'avais totalement tort, quoi. parce que quand j'ai passé les premiers entretiens notamment avec mon patron actuel qui est le directeur du sud-ouest je me souviens je suis ressorti de ces premiers entretiens en me disant waouh et j'avais la certitude dès la phase des entretiens d'embauche que je voulais faire ça toute ma vie c'était il y avait à la fois quelque chose de on va en parler certainement après il y avait quelque chose qui relevait du défi professionnel qui était hyper attrayant c'est un métier il faut avoir beaucoup d'envie il faut avoir faim il faut parier en se disant je vais faire mes 7-8 heures par jour et puis j'entre chez moi. Il faut s'investir à fond. Et puis il y a tout le côté généalogie, les histoires de famille qu'on rencontre, les dossiers sur lesquels on travaille, les gens qu'on rencontre. C'est quelque chose qui est vraiment prenant et qui est vraiment passionnant au quotidien.

SPEAKER_00

votre profession est particulièrement méconnue, non seulement des étudiants en droit, mais plus encore du grand public. Comment expliqueriez-vous votre profession

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors, c'est vrai que c'est une profession qui est extrêmement méconnue. Si on veut aller droit au but, notre métier, il n'est pas hyper compliqué. Vous avez une succession qui est reçue très souvent par un notaire. Notaire qui, en instrumentant le dossier, se rend compte qu'il n'a pas tous les héritiers sous la main, voire aucun héritier. Il a juste un acte de décès avec le nom du défunt et personne qui se présente en son étude pour lui réclamer l'héritage de la personne qui est décédée. Ça, ce sont des cas qui sont extrêmement rares. Nous, on estime à environ 2% le nombre de successions qui sont concernées par notre profession. Parce que ce faisant, le notaire est bien embêté. Il a une succession à régler. Il n'a pas les héritiers sous la main. Il peut peut-être essayer de mener 2-3 démarches de son côté pour les retrouver mais il n'ira pas bien loin parce que la généalogie c'est quand même un métier à part entière qui répond on le verra certainement plus tard à des méthodologies particulières qui se basent sur des outils et sur des méthodes que les notaires n'ont pas appris pendant leur cursus de droit et ces 2% de cas ça représente environ 15 000 affaires par an vous avez en France 600 000 décès par an environ. Si vous faites le rapport 2%, on atteint 15 000. Donc vous avez environ 15 000 dossiers par an qui sont concernés. Pour vous donner une petite idée, un petit ordre de comparaison, les notaires gèrent également des ventes de maisons, d'appartements, de terrains. Ces transactions immobilières représentées en 2021 ou 2022, je ne sais plus, 2021 ou 2022, c'est une période assez faste, assez importante. Ça représentait environ 1,2 million de transactions en une année c'est juste pour vous donner un petit ordre de comparaison entre d'un côté l'aspect immobilier que vont gérer les notaires qui va représenter en tout et pour tout en France 1,2 millions de transactions et de l'autre côté le nombre de cas qui vont intéresser mon activité et qui ne concerne qu'environ 15 000 successions par an donc c'est très très peu à cela on peut ajouter un autre aspect souvent les gens connaissent la généalogie parce qu'ils pensent aux arbres généalogiques qu'ils vont faire dans le cadre de leur famille, donc souvent pour retrouver leurs ancêtres, pour créer un livre par rapport à leur généalogie, essayer de retracer les liens familiaux. Nous, ce n'est pas du tout notre activité. Nous, on fait de la généalogie successorale, donc on peut remonter évidemment comme des généalogistes familiaux dans le passé pour retrouver des ascendants, mais le but, c'est de retrouver des héritiers. En droit français, je ne sais pas si vous l'aurez vu pendant votre cursus de droit jusqu'à présent, mais on hérite jusqu'au sixième degré. Le sixième degré, quand vous remontez sur vos ascendants pour redescendre et trouver des gens en vie, on va remonter pas si loin que ça. Je crois que le cas un de mes chercheurs a remonter le plus loin, je crois que c'était 1820, mais en général, si on veut retrouver des héritiers au sixième degré, on va le plus loin d'où on va aller, c'est 1850-1860.

SPEAKER_02

Alors, à quel moment de la procédure de la succession êtes-vous saisi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Par quel organisme

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Par quoi

SPEAKER_01

commence-t-on

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Comment se déroule une mission type

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Le premier contact

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors, comme je le disais un petit peu tout à l'heure, tout commence par le décès de quelqu'un, déjà. Ce décès, il va être porté à la connaissance d'un notaire. De différentes manières, ça peut être le maire d'un village qui apporte la succession au notaire, ça peut être un membre de la famille... ça peut être un tuteur ou un curateur quand la personne était sous un régime de protection. En tous les cas, le notaire, il a cet acte de décès entre les mains. Il a peut-être quelques éléments sur le parcours de vie du défunt. Il a peut-être quelques éléments sur l'état de son patrimoine. Mais il a quand même un grand point d'interrogation, dans les cas qui m'intéressent en tout cas, sur les héritiers de cette personne. Alors vous avez des cas, vous en avez plein, il y a Il y a des cas dans lesquels vous avez des gens qui se présentent chez le notaire en croyant être héritier, de bonne foi, alors qu'ils ne le sont pas du tout. Par exemple, pas plus tard qu'hier, j'ai un notaire qui m'appelle en présence de neveu par alliance de la défunte. Vous avez madame qui décède. Son mari était prédécédé, donc était décédé avant elle. Et elle, elle n'a jamais connu sa famille. Sa famille de sang, elle ne la connaissait pas. Mais elle a très bien connu la famille par alliance de son mari. Donc elle connaissait très bien les frères et sœurs de son mari, et donc elle connaissait très bien les neveux et nièces de son mari, qui étaient donc ses neveux et nièces également à elle, c'était la tante de ces personnes-là, mais c'était la tante par alliance, il n'y a pas de lien de sang. Ce faisant, ils ne sont pas héritiers dans la succession. Donc, aujourd'hui, on se retrouve avec ce dossier-là, à devoir retrouver les héritiers de cette dame, qui n'avait pas laissé de disposition testamentaire, donc il n'y a pas de légataire identifié à qui on pourrait dire, bon, après tout, c'est ça cette personne-là qui va recevoir l'entièreté du patrimoine du défunt. Et faute de ce type d'indication-là, ce sont les héritiers de sang qui héritent, donc on doit retrouver ces personnes-là. Donc le dossier, il commence comme ça, avec un notaire qui est saisi d'une succession qui est embêtée et qui appelle un généalogiste successoral pour l'aider dans la recherche des héritiers. Et puis nous, après, c'est vraiment que commence notre recherche. Donc c'est un peu comme une... une recherche au trésor une chasse au trésor pardon on est vraiment nos chercheurs quand ils travaillent sur ces dossiers le but du jeu c'est de retrouver des héritiers donc quand on part d'une page blanche on doit rentrer dans la vie du défunt essayer de comprendre ce qui lui est arrivé Quand on regarde un tableau de généalogie, on va commencer par s'intéresser au conjoint. Est-ce qu'il était marié

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que ce conjoint est toujours en vie

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

S'il ne l'est pas, est-ce qu'ils avaient eu des enfants ensemble

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que ces enfants-là, qu'ils auraient pu avoir ensemble, est-ce qu'ils ont eu eux-mêmes des enfants s'ils sont prédécédés

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et puis, si on ne trouve personne du côté du conjoint survivant ou du côté de potentiels enfants ou petits-enfants en vie, on va s'intéresser aux parents du défunt. En s'intéressant aux parents du défunt et en redescendant, on trouve des frères et sœurs du défunt. Si les frères et sœurs du défunt sont décédés, on va rechercher les neveux et nièces, voire les petits-neveux, petites-nièces. Ça, c'est ce qu'on appelle la ligne collatérale privilégiée. Et si la ligne collatérale privilégiée est éteinte, on va aller rechercher du côté du papa et de la maman les deux lignes collatérales ordinaires, la ligne paternelle et la ligne maternelle. Et on va aller chercher des oncles, des tente de ce côté-là, voir des cousins, cousines. Et donc, comme je le disais tout à l'heure, on hérite jusqu'au sixième degré en France. Et tant qu'on n'a pas trouvé d'héritier jusqu'au sixième degré, on continue, on cherche. Il arrive qu'on ne trouve personne. C'est quand même assez rare. Mais quand on trouve quelqu'un, l'objectif, ça va être de l'approcher, de lui indiquer, lui révéler qu'il est héritier dans une succession. de lui proposer, c'est que la deuxième partie de notre métier va intervenir, de le représenter dans le règlement de la succession. Et si le contact avec l'héritier se passe bien, s'il nous fait confiance, ce qui se passe dans 99% des cas environ, c'est qu'une fois qu'on a terminé ce travail de généalogie et qu'on a établi le tableau de généalogie, on va le remettre au notaire et à partir de là, on va commencer à proprement parler le règlement de la succession. Et donc en fonction du patrimoine du défunt, on va avoir plus ou moins de choses à faire.

SPEAKER_00

J'aimerais faire un lien avec votre formation, je voulais savoir quelles études sont nécessaires, quels diplômes on peut avoir pour exercer dans ce métier-là, et en lien avec votre formation, est-ce que vous avez faire certaines formations pour exercer, étant donné que vous avez un master en droit des affaires, et donc du coup, est-ce qu'on avait besoin seulement d'une licence ou d'un master pour pouvoir exercer dans ce métier-là

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors c'est pas une profession réglementée généalogiste successorale, à l'inverse par exemple d'un notaire. Les notaires font partie d'une profession réglementée, donc n'est pas notaire qui veut, il faut avoir fait un parcours spécifique, il faut être diplômé notaire, donc avoir poursuivi souvent deux ans après le master 2 en droit notarial. Sinon, le garde des Sceaux ne vous habilitera jamais à devenir notaire, vous ne serez jamais nommé par décret. Donc, les généalogistes successoraux, ça c'est une profession qui n'est pas réglementée, donc on n'a pas cet exemple Moi, je sais que dans mon cabinet, la plupart de mes homologues sont soit diplômés notaires, soit ont une expérience significative dans le notariat. Vous avez aussi certains chercheurs qui passent du côté du règlement des successions et vice-versa. Donc, on peut communiquer aussi entre ces deux corps de métier. Donc, très souvent, même si on n'a pas cette exigence réglementaire-là, d'avoir un certain niveau d'études très souvent on trouve des gens qui ont un profil master de droit notarial tout simplement parce qu'on met en oeuvre des compétences et des connaissances au quotidien qui sont quand même pointues sur certains aspects et on a besoin d'avoir quelqu'un qui a eu ce parcours ça c'est pour les gens qui exercent mon métier donc je ne l'ai peut-être pas précisé tout à l'heure mais moi mon métier c'est vraiment de régler des successions je suis focalisé sur cette partie les chercheurs eux ils ont un profil un petit peu différent souvent ils ont fait du droit aussi puisque quand on cherche des héritiers il faut maîtriser un minimum les dévolutions en France, les liens de filiation il faut savoir se replonger dans le droit applicable à chaque époque mais ils ont aussi cet aspect histoire du droit ou historien tout simplement quand on est chercheur on passe beaucoup de temps dans des archives avec des bouquins donc il faut avoir ce côté je dirais presque rat de bibliothèque, il faut aimer ce contact avec le papier, il faut aimer ce côté même un peu solitaire dans la recherche c'est un profil très particulier en réalité chercheur, il n'y a pas d'études spécifiques, vous n'avez pas de licence ou de master en généalogie familiale ou successorale donc c'est vraiment des profils très particuliers que nous on va rechercher À l'inverse, un petit peu des gens qui font mon métier là, c'est un petit peu plus cadré. On va vraiment rechercher quelqu'un qui a fait du droit notarial pendant ses études. Alors moi, j'ai un profil un peu particulier, c'est vrai, puisque je n'en ai pas fait. Je suis arrivé à un moment de la vie de mon cabinet sur Toulouse qui était un peu particulier. Il cherchait un profil différent. Peut-être que c'était une prise de risque pour eux initialement, mais je crois qu'elle s'est révélée payante. Comme je vous le disais tout à l'heure, c'est un métier dans lequel il faut surtout avoir de l'envie. Il faut avoir faim, il faut se lever... matin en ayant envie de tout défoncer et je pense que quand on a un background juridique suffisant et qu'on a l'envie d'apprendre et d'évoluer On n'a pas nécessairement besoin de venir d'une formation notariale pour apprendre et pour bien faire son métier. Je pense que ça, de manière générale, ça peut s'appliquer à beaucoup de professions dans le droit. On a souvent une tendance, pendant les études de droit, à nous dire que si vous avez choisi cette voie-là, c'est dans cette voie-là que vous allez évoluer, etc. En réalité, je pense qu'à partir du moment on a la tête bien faite et on a envie, on peut trouver des passerelles, on peut changer de métier.

SPEAKER_02

Alors quels sont vos principaux outils de

SPEAKER_01

travail

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors en termes de généalogie pure, nos chercheurs travaillent avec différents outils. Il y a des outils internes et des outils externes, disons. Les outils internes sont des bases de données qu'on a confectionnées sur les dizaines d'années qui nous précèdent. Je crois qu'on a chez Coutor-Rorigue la plus grosse base de données au monde après celle des Mormons en termes de données personnelles. Ça représente un peu plus d'un milliard et demi de données. données personnelles donc c'est assez important je crois que mon PDG quand il en parle il a souvent tendance à imager ça en disant je crois que c'est comme une étagère que vous auriez sur 2 mètres de haut et sur 400 kilomètres de long le nombre d'actes qu'on a sur nos bases de données en interne donc à partir du moment vous commencez votre recherche, vous êtes chercheur vous avez l'acte de décès de la personne et vous commencez à avoir des pistes pour retrouver des héritiers en quelques clics avec nos bases de données on peut déjà trouver beaucoup d'informations Maintenant, toutes ces informations-là, on ne les trouve pas sur nos bases de données. C'est pour ça qu'on va avoir besoin de se déplacer. C'est pour ça que vous n'avez pas vu tous mes chercheurs aujourd'hui, avant qu'on commence à enregistrer. C'est parce qu'aujourd'hui, ils sont sur le terrain. Sur le terrain, pour eux, ce sont différents endroits. Vous avez les archives départementales. Dans chaque département, vous avez un centre des archives qui contient énormément d'archives différentes. C'est là-bas que se passe l'essentiel du travail de nos chercheurs pendant la phase de recherche. C'est grâce à tous les actes qui sont dans ces archives-là que nos chercheurs vont pouvoir identifier des héritiers. C'est un petit peu comme leur méthodologie. Si je peux prendre une comparaison, c'est un petit peu en droit quand on nous dit que le juge fait appel à la méthode des faisceaux d'indices. Vous savez, dans certaines jurisprudences, on en entend parler. Le chercheur, en généalogie successorale, c'est un petit peu pareil. Il va prendre différents types d'archives, il va les croiser, et grâce Grâce à ça, il va identifier quelqu'un. Je prends quelques exemples. Il y a des archives qui sont conservées dans les archives départementales qui s'appellent les registres matricules. Les registres matricules, ce sont des archives qui étaient détenues par le ministère des Armées, je crois, jusqu'à ce que le service militaire soit supprimé, avant qu'en quelque quelqu'un effectuait son service militaire, il pouvait être mobilisable à n'importe quel moment, en cas de conflit armé. Et pour que le ministère des armées sache exactement étaient les personnes qui avaient fait leur service militaire, il leur demandait tous les ans ils étaient, quelle était leur situation matrimoniale, est-ce qu'ils s'étaient mariés, est-ce qu'ils avaient eu des enfants. Et avec ces données-là, ils pouvaient les suivre, savoir ils étaient. Et nous, aujourd'hui, ce sont des données qui sont très précieuses. Quand on cherche quelqu'un jusqu'à l'abolition du service militaire. Quand on cherche quelqu'un, on sait que si cette personne est un homme et si elle a effectué son service militaire, on peut retrouver un petit peu son parcours de vie au travers de ces fiches-là. Vous avez plein d'autres types d'archives. Vous avez les tables de recensement, par exemple. Les recensements de population tous les 4-5 ans. Vous avez des campagnes de recensement. On vous demande vous habitez. On vous demande de déclarer combien de personnes vous avez dans le foyer. Donc si on arrive à suivre quelqu'un sur plusieurs arnées et à voir qu'en 1980, il indique qu'il habite seul dans son foyer et qu'en 1985, il a trois personnes avec lui dans le foyer, on peut se douter que peut-être il s'est marié, qu'il a eu plusieurs enfants. Donc c'est ce jeu un petit peu d'indices cumulés qui vont nous permettre à nos chercheurs petit à petit d'identifier les héritiers. Et puis après, une fois que le travail du chercheur est réalisé dans le cadre des archives départementales ou des mairies il y a d'autres endroits dans lesquels il va pouvoir travailler mais il y a aussi la dernière étape qui va être pour lui d'aller rencontrer l'héritier une fois qu'il l'a identifié donc il travaille aussi directement chez nos clients, chez les héritiers quand il va les rencontrer et qu'il va leur expliquer la

SPEAKER_02

situation

SPEAKER_01

Donc c'est pas vous qui allez voir les héritiers en premier lieu

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

En premier lieu non moi ça peut m'arriver après dans le cadre du règlement de la mais en premier lieu ce sont les chercheurs qui vont approcher les héritiers, leur expliquer la situation et leur proposer du coup notre intermédiation pour régler la succession à leur place.

SPEAKER_00

Comment préparez-vous vos clients à des découvertes potentiellement bouleversantes et est-ce que vous avez déjà choisi de ne pas transmettre une information

SPEAKER_01

et pourquoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors ça c'est vrai que c'est la phase du coup d'approche notamment de nos chercheurs. Alors je peux être concerné également moi dans le règlement de la succession mais c'est vrai que nos chercheurs la première fois fois qu'ils approchent un héritier et qu'ils lui révèlent l'origine de la succession, on peut avoir des situations en effet qui sont assez délicates, puisque, on parlait de sixième degré tout à l'heure, donc sixième degré, il faut imaginer que ça peut être deux personnes, soit les enfants des enfants de vos cousins, donc vous voyez vos anglais tantes, vous avez vos cousins germains au quatrième degré, les enfants de leurs enfants, donc ce sont vraiment des arrières petits cousins pour vous, ça ce sont vos héritiers au sixième degré. Ou alors, les héritiers au sixième degré, ça peut aussi être les enfants des enfants de vos grands-oncles et grandes-tantes. Les grands-oncles et les grandes-tantes, pour rappel, ce sont les frères et sœurs de vos grands-parents. Je ne suis pas sûr que vous connaissiez les frères et sœurs de vos grands-parents, en tout cas peut-être pas tous, peut-être encore moins du coup les enfants de leurs enfants. Vous, oui

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est pas bien, il faut arrêter tout de suite. Si tout le monde faisait ça, on n'aurait pas de travail. Non, c'est quand même très, très rare de les connaître, en tout cas, jusqu'à ce niveau-là. Donc, quand on est sur ce type d'héritier-là qui n'avait pas de rapport, qui ne connaissait pas le défunt, il n'y a pas vraiment de lien émotionnel avec le défunt. Donc, finalement, on leur apporte presque une bonne nouvelle. On leur annonce qu'ils sont héritiers dans la succession de quelqu'un qu'ils n'ont pas connu. Donc, il n'y a pas forcément de tristesse ou ou de déception, il y a juste une bonne nouvelle, c'est que ça vous tombe dessus. Toutes les successions ne sont pas extrêmement garnies, mais il y a quelques successions intéressantes. Et recevoir un peu de sous, ça fait toujours plaisir. Par contre, il y a des cas, en effet, on en arrive à votre question, un petit peu plus bouleversant, puisque malgré le fait qu'on travaille sur beaucoup de dossiers comme ça, de temps en temps, on doit aussi retrouver des personnes qui sont très proches en degré de parenté. Donc des enfants, par exemple. Même des parents, ça peut arriver. Des frères et sœurs, des neveux et nièces. Et c'est vrai que quand on retrouve des personnes avec un degré de parenté aussi proche, l'approche n'est pas la même. Quand on discute avec ces gens-là, c'est souvent, s'ils n'ont pas connu leur enfant, leurs parents, leurs frères, leurs sœurs, c'est souvent qu'il y a des histoires de famille un peu compliquées. Des choses qui les ont séparées par le passé. Et dans l'approche on va aller droit au but on va pas forcément leur cacher la vérité dans le fait de garder un mystère un doute, non non je pense que dans ces cas on est quand même assez direct dans la manière de leur dire qui est le défunt et puis après c'est aussi que les langues se délient c'est aussi que les gens nous font part de leur histoire familiale c'est qu'on se rend compte du poids un petit peu qui pèse sur ces familles pour vous donner un exemple j'ai eu un cas la défunte avait eu 8 enfants et elle les avait tous confiés au service de la DAS quasiment à leur naissance donc elle les avait abandonnés je crois qu'ils avaient entre le moment de leur naissance et peut-être 3 ans maximum autant vous dire qu'ils n'ont pas vraiment connu leur mère qu'ils n'ont aucun souvenir et puis elle décède et c'est que pour nous on partait on avait beau partir d'une feuille blanche On trouve assez rapidement ces 8 enfants. Ce qui est quand même déjà pour nous assez délicat. Ils avaient plus de 60 ans. Ils ne se connaissaient pas entre eux. Et je me souviens du premier rendez-vous chez le notaire on leur avait proposé de se joindre à nous pour signer ce qu'on appelle l'acte de notoriété. C'est l'acte typique qu'on signe chez les notaires dans le cadre d'une succession. C'est l'acte qui, dans le défunt et ses héritiers donc on leur avait proposé de participer à ce rendez-vous et vous aviez alors tout le monde n'était pas venu mais vous aviez six frères et soeurs qui avaient plus de 60 ans qui se rencontraient pour la première fois et alors moi qui suis quand même assez à l'aise de manière générale j'étais vissé à mon siège j'en menais pas large parce que c'est c'était impressionnant il y a eu un silence ensuite il eu de la joie, ensuite il y a eu des engueulades parce qu'il y en a un qui connaissait pas leur père tous en fait, on connaissait l'identité de la mère évidemment puisque c'était la défunte mais on connaissait pas l'identité des papas et il y en a un qui était persuadé que les autres savaient qui était son père et il s'était persuadé qu'il voulait pas lui dire qui était son père et donc c'était assez tendu, donc ouais on entre souvent dans des histoires familiales dont on maîtrise ni les tenants ni les aboutissants et par rapport à ça on essaie d'être psychologue autant qu'on peut on écoute les gens on essaie de faire en sorte que si tension il y a pour x ou y raison ça n'affecte pas le règlement de la succession parce que malgré tout nous notre métier c'est de régler une succession donc on a beau être dans l'humain on a beau être dans l'empathie à un moment donné il faut que les choses avancent aussi donc on essaie de tout faire en sorte pour que les choses avancent et qu'on puisse régler la succession sans qu'il y ait de blocage

SPEAKER_00

comme vous l'avez évoqué à l'instant, votre profession est au cœur des conflits et des secrets familiaux. Vous sentez-vous parfois comme un médiateur, voire un psychologue des

SPEAKER_01

familles

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Complètement. Ça, c'est... Je pense que les notaires sont aussi des acteurs de premier plan par rapport à ça. Mais nous, on est en plein cœur de ces choses-là. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les cas sur lesquels on est amené à travailler sont forcément des cas compliqués. Vous avez à la base quelqu'un qui décède sans famille proche. C'est forcément qu'il s'est passé quelque chose dans sa vie, pour qu'il ait coupé les ponts ou qu'on ait coupé les ponts avec lui donc quand vous retrouvez ces héritiers des fois comme je l'ai évoqué ces héritiers ne connaissaient pas leur lien de parenté ou ils connaissaient pas le défunt mais d'autres fois ils le connaissaient très bien et c'est que ces gens vous expliquent le parcours de vie du défunt de leur famille de manière générale et vous avez des cas qui sont... Moi, je me souviens du tout premier cas que j'ai eu. J'avais à peine quelques semaines ou quelques mois dans ce cabinet. Et donc, j'arrive en salle d'attente. On avait été convoqué par le notaire pour signer l'acte de notoriété. Et... Dans la salle d'attente, il y a ce monsieur qui est donc un hérétique que je ne représente pas. Je représentais, moi, ses sept frères et soeurs. Donc, vous voyez, c'est encore un dossier avec huit personnes. Huit frères et soeurs. Et... Donc, il était tout seul. C'était un homme âgé, il avait 82-83 ans. Il me dit « Vous êtes tout seul

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

» Je dis « Oui, oui, je suis le généalogiste. Vos frères et sœurs n'ont pas voulu se déplacer. » Il me dit « Ah

UNKNOWN

!

SPEAKER_01

» Il avait l'air un peu triste, un peu... Donc, je lui demande pourquoi. Il me dit « Ça fait 40 ans, 50 ans que je ne les ai pas vus. J'aurais bien aimé les revoir aujourd'hui. » et il commence à me raconter en pleurant il s'était mis vraiment à pleurer c'était une de mes premières fois dans ce genre de situation donc sur le moment c'est pas forcément facile à gérer non plus mais il commence à me raconter en pleurant qu'en fait un jour il avait une vingtaine d'années je sais plus quel âge exactement il rentre chez ses parents et il retrouve son père dans un fossé il avait été tabassé roué de coups Il était en vie, mais il avait été sacrément amoché. Donc il est paniqué, il l'amène à l'hôpital. Il essaie de rentrer en contact avec ses frères et soeurs qui n'étaient pas à la maison, avec sa mère qui n'était plus à la maison. Et je crois que c'était le lendemain, il arrive, il y a une de ses soeurs qui vient le voir et qui lui raconte qu'en fait, papa, il a tapé maman, encore. Et donc les frères et soeurs qui ont assisté à cet épisode-là, ils ne l'ont pas supporté. donc ils ont fait ce qu'aucun enfant devrait faire mais ils ont attrapé le père et ils ont voulu protéger leur mère finalement donc ils ont pris une fois qu'ils ont fini avec leur père ils ont pris leur mère avec eux et ils sont partis pour la mettre en sécurité et c'est que ce monsieur que je rencontrais avait perdu contact avec ses frères et soeurs parce que sa soeur qui était venue le voir pour lui raconter tout ça lui avait demandé de venir avec lui et d'abandonner leur père et lui avait refusé il avait dit non non je laisse pas papa comme ça il était sur un lit d'hôpital alors est-ce qu'il l'avait mérité ou pas mérité ce qu'on rencontre extrêmement souvent dans nos métiers c'est des histoires comme ça est la justice est l'injustice déjà il faut pas qu'on se positionne sur ce genre d'enjeux moraux, c'est pas notre rôle, mais c'est en ça que ça nous fait grandir à titre personnel, c'est qu'on se rend compte que quand on écoute une personne, vous avez l'impression que c'est tout noir ou tout blanc, quand vous écoutez la personne d'en face, ça apporte de la nuance, et puis dans chaque cas, vous avez du bon, du moins bon. Donc il y avait ce monsieur qui s'était occupé de son père jusqu'à la fin de sa vie, d'un côté, et vous aviez les sept frères et sœurs de l'autre côté qui s'étaient occupés de leur mère, de l'autre côté. Donc il Ils se sont jamais revus. Et ce monsieur espérait qu'une chose, c'était de revoir ses frères et sœurs, contre qui, fondamentalement, il n'y avait pas de problème. C'est juste la séparation des parents qui les a ensuite séparés. Donc vous avez des personnes que vous rencontrez qui ont ce genre de vécu. Vous avez des gens aussi qui ne connaissaient pas les défunts, mais d'un coup, ils se mettent à se passionner pour cet oncle d'Amérique dont ils viennent d'hériter. Et donc ils veulent tout savoir de leur vie, ils vous appellent très souvent, trop souvent parfois, mais ils veulent savoir un maximum de choses, et à leur manière ils rendent un magnifique hommage à nos défunts, puisqu'ils veulent récupérer une photo, ils veulent garder un souvenir, et puis à l'inverse... totale, il y a d'autres gens qui ne sont que pour l'argent encore une fois je ne juge pas je ne suis pas pour ça mais vous voyez j'ai ce cas d'une personne c'est la nièce de la défunte dont on a retrouvé les héritiers donc sans surprise il y a cette nièce parmi les héritiers son frère et leur cousin donc ce sont pour notre défunte ce sont trois neveux et nièces et cette personne-là, donc cette nièce, très compliquée. C'est très compliqué de discuter avec elle, que ce soit par mail ou par téléphone. Et la première question qu'elle nous pose, c'est combien

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

De combien je vais hériter

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors ça, c'est très fréquent. Honnêtement, on ne peut pas en vouloir aux gens qui n'avaient pas d'attache émotionnelle ou affective avec certains défunts dont ils étaient très éloignés en termes de parenté. Mais quand on est sur un degré de parenté aussi proche, on peut quand même s'interroger. Surtout qu'ils se connaissaient, mais... Elle ne s'en était pas occupée. Elle ne s'était pas occupée de sa tante. Et première question, c'est combien

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et elle s'est montrée tellement insistante avec nous sur l'argent, l'argent, l'argent, qu'à un moment donné, elle me demandait de justifier de pourquoi est-ce qu'une facture auprès d'un établissement de santé avait été payée le mois précédent le décès de sa tante. Parce qu'elle regardait même les dépenses qui avaient été effectuées avant le décès de la défunte. Elle s'interrogeait sur est-ce que cette dépense a été pertinente ou pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et moi, j'ai réussi à relier cette dépense-là à une lettre que nous avait envoyée la meilleure amie de la défunte. On lui avait demandé des indications sur le parcours de vie de sa meilleure amie. Et dans la lettre, elle faisait état de la fin de vie de la défunte, qui a été assez terrible, entre maladie, blessure, aller-retour à l'hôpital. Et j'avais envoyé cette lettre-là à ma cliente en lui disant, vous voyez, pourquoi cette dépense-là, vous avez... tous les renseignements et même à ce moment cette personne étonnamment est restée accrochée à l'élément financier et ça n'a pas eu l'air de l'émouvoir de recevoir tous les détails de la fin de vie assez difficile de s'attendre donc ouais on peut être les psychologues des familles que l'on retrouve on peut essayer de rendre hommage un peu à nos défunts en mettant nos héritages aussi face aux circonstances de fin de vie de ceux dont ils héritent. Mais dans tous les cas, ce sont des histoires qui nous

SPEAKER_02

marquent. Vous avez évoqué des visites que vous arrivez de faire auprès de certains héritiers, de divers inventaires et des commissaires-priseurs. Est-ce que vous êtes arrivé de tomber sur des choses

SPEAKER_01

surprenantes

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Quasiment à chaque fois. Comme je le disais, c'est vrai qu'on a des Dans le cadre des successions, il y a plusieurs étapes pour arriver à liquider entièrement une succession. L'une de ces étapes, lorsque le défunt avait des biens immobiliers, c'est de faire l'inventaire des meubles qui composent les biens immobiliers. Je ne vais pas rentrer dans le détail là, je pense que ça ne sert pas à grand-chose, mais ce qui motive cela, ce sont surtout des raisons fiscales. Vous payez moins d'impôts normalement si vous faites un inventaire du mobilier que si vous n'en faites pas. Bref, on est quasi systématiquement amené à procéder à cet inventaire-là L'inventaire se passe donc en présence d'un notaire, du commissaire priseur et des héritiers, soit représentés par mon biais, soit qui vont être présents en toute ou partie. Et c'est vrai que quand on entre pour la première fois dans la maison habitait une personne dont on règle la succession, c'est qu'on découvre des choses parfois assez étonnantes. Souvent, nos défunts sont parfois, pas toujours, mais parfois, ce sont des gens qui étaient un petit peu marginaux. S'ils se sont coupés de leurs liens familiaux ou que leur famille a décidé de se couper d'eux, c'est qu'il y a des raisons qui peuvent tenir à leur personnalité. Donc, quand on entre chez eux, souvent, leur maison est un peu à leur image aussi. Et il y a des cas, je pense que quelques personnes auront entendu parler du syndrome de diogènes, pour ceux qui n'en auront pas entendu parler, il faut savoir que chez certaines personnes, alors je crois que c'est plus ou moins à tout âge, mais ça va surtout impacter les personnes qui sont âgées. En tout cas, ça a plus de chances de se développer avec l'âge. Vous avez une première étape qui s'appelle la syllogomanie. Alors je crois qu'il faut me fact-checker par rapport à ce que je vais dire. Je suis quasiment sûr, mais il faut vérifier. La syllogomanie, c'est le fait d'entasser des choses de manière un peu maladieuse. donc il y a des maisons dans lesquelles on entre et puis vous avez tous les cartons des boîtes d'emballage de compote par exemple qui sont empilées à côté de boîtes de chaussures qui sont vides mais qui sont empilées à côté de de papier je vais pas y arriver pour la cuisine de sopalin ou papier alu merci voilà qui vont s'entasser mais que la personne n'aura pas réussi à jeter ça peut être vraiment tout et n'importe quoi mais au stade de la syllogomanie il y a quand même c'est comme si vous aviez affaire à un collectionneur maladif, il va collectionner tout et n'importe quoi mais parfois ça va jusqu'au plafond vous pouvez à peine vous déplacer dans la maison parce que comme la personne ne peut rien jeter si elle passe un an, deux ans, dix ans comme ça, quand vous arrivez dans la maison c'est vraiment l'enfer quoi pour nous. Mais ce n'est pas forcément sale. Diogène, c'est l'étape au-dessus. C'est quand vous avez le côté crade qui vient affecter la syllogomanie. Et donc typiquement, là, sans vouloir entrer dans des détails trop sordides, la personne peut se mettre aussi à collectionner des couches dans lesquelles elle aura fait ses besoins. Et j'ai eu une poignée d'inventaires de ce type-là Moi, vraiment, je rends un hommage appuyé à tous les professionnels qui ont fait travailler et qui vont nettoyer ces maisons. Je vous assure que c'est un métier qu'ils font. Donc, soit les gens spécialisés dans la désinfection des scènes de crimes, notamment, mais ça peut être aussi des maisons les défunts sont décédés, restés plusieurs mois, voilà. Soit aux gens, vraiment, qu'on envoie pour débarrasser les maisons, pour les rendre plus présentables avant de les mettre en vente. Ils ont affaire à des choses, des fois, qui qui sont incroyables. Donc on a ce genre de surprises, on va dire. Et puis on en a beaucoup d'autres, parce que ça se limite pas que aux maisons. Les inventaires, ça va aussi concerner les coffres de banque, par exemple, que les héritiers nous laissent. Alors autant, dans un coffre de banque, vous pouvez strictement rien avoir, même pas un document, le coffre est juste vide, donc vous êtes déplacé entre guillemets un petit peu pour rien. Au autant vous pouvez trouver des choses incroyables. Je me souviens, c'était peut-être en 2023, on est monté à Paris avec un notaire et un commissaire priseur pour ouvrir un coffre de banque. C'était une succession il n'y avait pas grand-chose, pas beaucoup d'actifs. Il y avait quelques comptes bancaires, il y avait une petite maison, il y avait ce coffre à Paris. Ça me paraissait bizarre parce que la maison était dans le Tarn-et-Garonne, donc à peine au nord de Toulouse. Les comptes bancaires, comme je vous dis, n'étaient pas très garnis, il n'y avait pas beaucoup d'argent. On ne comprenait pas pourquoi ce coffre était resté à Paris et donc on se disait qu'on allait rien trouver on avait pris vol aller, vol retour on ouvre le coffre, on tombe déjà sur 3 ou 4 lingots des diamants, des pièces d'or et je crois qu'on avait atteint 300, 400 000 euros de valorisation par le commissaire priseur au terme de l'inventaire et comme on avait été forcé d'ouvrir le coffre avec un serrurier, on pouvait pas le refaire parce qu'on avait défoncé la serrure on pouvait pas non plus louer un autre coffre sur le moment donc on a sortir dans la rue avec ces valeurs donc vous aviez pas prévu de revenir avec quoi que ce soit vous êtes dans la rue dans votre sacoche qui pèse très très très lourd vous avez 300 400 mille euros d'or de lingots etc et vous vous dites ah il faut pas qu'il m'arrive quoi que ce soit donc faut trouver des solutions et on était allé louer une moi j'étais allé louer une voiture pour faire le trajet Paris-Toulouse parce que l'aéroport ça serait jamais passé d'avoir autant de valeur avec soi donc on a fait l'aller-retour enfin on a fait l'aller plutôt Paris-Toulouse en voiture, le commissaire priseur avait appelé son assureur pour obtenir une extension de garantie parce qu'il n'était pas garanti pour des montants comme ça si nous arrivait quelque chose et puis il y avait des règles très strictes par exemple il fallait qu'on soit toujours deux dans la voiture donc si on devait faire une pause pipi par exemple à une aire d'autoroute on se relayait et Hum... Donc il nous arrive très très souvent des choses comme ça. Ce qui est devenu classique pour moi, mais toujours assez triste, c'est que souvent les maisons ont été visitées avant qu'on intervienne. Il y a des cambriolages très souvent. Je ne sais pas, soit c'est des gens qui sont renseignés au début, au moment du décès du défunt, soit les choses se disent vite dans un village, dans une ville. Donc les personnes mal intentionnées se rendent à la maison, savent que de toute façon, personne ne peut s'en occuper. Donc Souvent, on tombe sur des maisons qui ont été retournées. De temps en temps, sur des diogènes, mais c'est quand même assez rare. Et parfois sur des coffres de banque remplis. Mais la plupart du temps, ça reste des maisons qui sont quand même assez classiques. Il y a cette ambiance souvent un petit peu de maison laissée en l'état au moment la personne s'en est allée. Donc il y a toujours un peu cette atmosphère étrange qui fait bizarre les premières fois et puis on s'y habitue au final. Euh...

SPEAKER_02

Vous intervenez auprès de nombreuses professions, comme vous l'avez évoqué, et plus étroitement auprès des notaires. Comment décririez-vous ces relations de travail

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Quelles sont les autres professions

SPEAKER_01

avec lesquelles vous êtes en lien

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Les relations qu'on peut avoir avec les notaires sont assez particulières. Il faut bien comprendre que le notaire, lui, en sa qualité d'officier ministériel, on le charge de régler une succession. En principe, il ne peut pas refuser de régler une Et comme je vous le disais tout à l'heure, il a en face de lui une feuille blanche. Il ne connaît pas les héritiers de la personne qui est décédée. Et ce faisant, il ne peut pas régler la succession. Donc il est embêté. Il a besoin d'un partenaire de confiance pour retrouver les héritiers. Et surtout, une fois qu'on les a retrouvés, les représenter et régler la succession proprement. Donc c'est un lien de partenariat. Nous, les notaires, on a l'habitude de les appeler dans notre milieu les prescripteurs. Donc c'est ceux qui nous mandatent pour retrouver les héritiers. Nos prescripteurs, nos correspondants, c'est un peu le genre de termes qu'on utilise. Il n'y a pas de relation de fournisseur à client, vous voyez ce que je veux dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Il n'y a pas de lien financier entre nous. Peut-être que vous aviez prévu de poser la question, je ne sais pas, mais celui qui va nous rémunérer à la fin pour notre travail, c'est l'héritier qu'on a identifié. Ce n'est pas le notaire. Donc, à partir de là, les rapports qu'on a avec eux, nous-mêmes, on ne va surtout pas rémunérer le notaire pour en contrepartie par exemple d'une succession sur laquelle ils nous auraient mandaté donc il n'y a pas de lien financier il y a une relation vraiment de confiance de partenariat parce qu'eux sont embêtés nous on a une succession à régler une fois qu'on est mandaté donc on a le même

SPEAKER_02

objectif

SPEAKER_01

si l'héritier refuse votre aide comment est-ce que vous vous rémunérez

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

ça c'est une question intéressante ça arrive assez rarement mais quand ça arrive on est embêté si vous voulez l'héritier qui ne connaissait absolument pas ses droits dans le cadre d'une succession a priori quand on l'approche et qu'on lui dit bon ben voilà on vous a retrouvé on vous a identifié comme héritier vous êtes 20 30 40 héritiers ce serait plus simple qu'il y ait un seul professionnel qui représente tout le monde en sachant qu'on les exclut enfin le fait qu'on les représente ça ne les exclut pas du règlement de la succession on leur demande leur aval pour toutes les décisions importantes dans le cadre du règlement de cette succession mais souvent vous avez des gens alors pour Pour différentes raisons. L'humain, de toute façon, est hyper complexe par nature. Donc, dans le cadre des successions, ça n'y fait pas exception. Vous avez des personnes qui sont marginales, tout simplement. Elles ont décidé de se mettre un peu en marge de la société. Et à partir de ce moment-là, que vous soyez facteur, huissier, le maire de la commune, le voisin ou généalogiste successoral, elles ne vous ouvriront pas leurs portes. Là, il n'y a pas grand-chose à faire, malheureusement, avec ce type de personnalité. On va devoir trouver une manière de régler la succession de toute façon. Vous avez différentes procédures en fonction des cas que vous avez en face de vous. Exemple tout bête, vous avez un bien immobilier à vendre. Vous avez 10 indivisaires, donc 10 héritiers. Il y en a un qui ne vous a pas répondu, a décidé de ne pas signer vos documents pour que vous le représentiez. Il répond pas non plus au notaire qui le convoque au rendez-vous pour signer l'acte de notoriété, pour signer la vente du bien immobilier. Dans ce cas-là, ces co-héritiers donc les gens qu'on va représenter nous doivent trouver des solutions pour vendre quand même le bien immobilier donc vous avez différentes procédures qui sont décrites dans le cadre des articles si je dis pas de bêtises vous avez l'815 5-1 du code civil vous avez l'816 du code civil également ça ce sont les articles qui sont liés aux indivisions et qui vous donnent des solutions sur comment sortir d'une indivision de manière un petit peu forcée quand vous avez une personne qui fait obstacle Après, vous avez d'autres types de cas. Vous avez des gens que vous allez approcher en leur indiquant qu'ils sont héritiers dans le cadre de la succession. Sauf qu'en fait, on se rend compte au moment on les approche qu'ils connaissaient très bien le défunt. Ils étaient hyper proches de lui, ils étaient à son enterrement, ils s'en sont occupés. Ils n'avaient peut-être pas conscience de leur qualité d'héritier, donc ils n'avaient peut-être pas conscience du lien de filiation, mais ils avaient conscience du lien familial. Donc, c'est des cas qui sont un peu particuliers parce que vous, vous avez l'impression que vous leur révélez qu'il est le zérite du tonton d'Amérique alors qu'en réalité pas du tout enfin pas du tout, à moitié parce qu'eux ils le connaissaient très bien c'est pas du tout un inconnu pour eux donc il peut y avoir des cas un peu particuliers comme ça finalement l'héritier va continuer un petit peu ce qu'il faisait du vivant du défunt il va continuer de s'impliquer et il va vouloir régler la succession à vos côtés donc dans ce genre de cas on va pas représenter tout le monde, on va représenter une partie mais cette personne on va pas la représenter et on va régler la succession à ses côtés. Donc on va interagir avec eux, on va interagir avec les notaires et puis vous me demandiez aussi avec quelles autres professions on peut interagir. Dans le cadre des procédures judiciaires que j'ai brièvement évoquées, on va interagir très très souvent avec des huissiers, des avocats. Je ne dirais pas que c'est quotidien mais pas loin. Parce que on a quand même des difficultés aujourd'hui dans... Je pense que mettre ça juste dont j'ai écouté l'interview, on a parlé un petit peu aujourd'hui, il y a quand même beaucoup de dossiers qui sont complexes, et l'humain fait aussi que des situations simples se transforment parfois en situations très complexes, donc on est obligé dans de nombreux cas de faire appel à des huissiers ou des avocats pour mettre en oeuvre des procédures qui vont permettre de débloquer les dossiers.

SPEAKER_00

Votre profession revêt d'une importance cruciale en termes de respect de la vie privée et des données personnelles. Vos enquêtes peuvent-elles être limitées par ce principe

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors le respect de la vie privée, oui. Vous avez la CNIL, vous savez, qui contrôle tous les professionnels détenteurs de données personnelles. Nous, comme je vous le disais, on a la deuxième plus grosse base de données personnelle au monde après celle des Mormons. Donc forcément, on passe au scanner de la CNIL assez régulièrement. Donc on a des règles très précises à respecter. Nos bases de données, on va pas pouvoir les consulter pour tout et n'importe quoi si je vais dans ma base de données maintenant et que je tape votre nom de famille et que je trouve quelque chose par rapport à ça je suis pas en règle puisque je vais pas travailler dans le cadre d'une succession qu'un notaire m'aurait confié donc moi je travaille dans un certain cadre et si jamais on a un contrôle de la CNIL qui nous demande de justifier de pourquoi on a interrogé notre base de données sur telle personne il faut pouvoir démontrer qu'on l'a interrogé par rapport à une affaire sur laquelle on a été mandaté euh Ça, c'est le cadre qu'on a en France, en sachant qu'il va même au-delà de la CNIL. En France, vous savez, les archives de moins de 75 ans ne sont pas accessibles, dont les actes d'état civil, les actes notariés de moins de 75 ans sont interdits au public, d'une certaine façon. Et les archives qui sont plus vieilles, qui ont au-delà de 75 ans, elles sont par contre accessibles par n'importe qui. nous en tant que généalogistes successoraux on bénéficie d'une circulaire interministérielle qui nous permet de consulter ces archives qui ont moins de 75 ans donc c'est très encadré aussi n'est pas bénéficiaire de cette circulaire interministérielle qui veut ne sont bénéficiaires de cette exception légale que les généalogistes successoraux donc en termes de respect de la vie privée et notamment de protection des données personnelles on a quand même ce cadre réglementaire qui est assez fiable en France étant entendu qu'on exerce aussi dans un cadre européen avec le RGPD vous savez qui a été mis en place ces dernières années avec des pays qui l'appliquent plus ou moins strictement et comme nos recherches ne sont pas limitées à la France on va très souvent à l'étranger dans le cadre de nos dossiers ça concerne à peu près un tiers de nos recherches on doit aussi nous s'adapter au contexte réglementaire et législatif locaux donc en fonction des pays c'est pas forcément très simple je vais vous donner un exemple l'Espagne j'ai un dossier comme ça on a retrouvé tous les héritiers on a 18 espagnols que je représente tous initialement et puis vous avez une maison à vendre dans le cadre de la succession sauf que patatras juste avant de signer la vente de cette maison, vous avez un des individuaires, donc un des héritiers, qui décède en Espagne. Donc, ça met en suspens toute la procédure de vente du bien immobilier. Pour pouvoir la mener à terme, il faut d'abord avoir retrouvé ses propres héritiers. Sauf que là, on se confronte au notariat espagnol. Et le notariat espagnol, quand vous êtes généalogiste français et que vous lui demandez l'acte de notoriété, ou du moins l'équivalent qu'il a établi, lui, en Espagne, pour identifier le défunt et ses héritiers, ils refusent de vous le donner. Parce qu'ils estiment que, et je crois même que c'est pas juste un problème d'être généalogiste successoral français, même pour un espagnol, ils auraient la même réponse, c'est qu'ils ont des procédures qui sont extrêmement complexes en local. Typiquement, là, il fallait que nous-mêmes on ait retrouvé, ils nous demandaient d'avoir retrouvé nous-mêmes tous les héritiers, de monter un dossier à l'aide de ces héritiers-là pour récupérer la copie de l'acte de notoriété. Ça faisait faire des démarches extrêmement complexes, et on y est toujours aujourd'hui. Donc vous avez des pays qui sont plus ou moins à cheval sur le RGPD, qui sont parfois peut-être même un peu trop à

SPEAKER_02

cheval. Alors pour vous, quelle est la place de l'éthique dans votre profession

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce que la généalogie est soumise à un code de déontologie, par

SPEAKER_01

exemple

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

encore, je vais prendre une comparaison avec le notariat. Le notariat, comme c'est une profession réglementée, vous avez tout un tas d'obligations qui leur sont appliquées, notamment des obligations déontologiques. si le notaire ne respecte pas ses obligations déontologiques, il y a des sanctions qui peuvent s'appliquer. Il peut y avoir le blâme, l'interdiction d'exercer. Le généalogiste successoral, puisqu'il exerce dans le cadre d'une entreprise privée non réglementée, il n'a pas forcément ce type d'exigence-là. En revanche, ce que l'on fait dans notre profession, c'est qu'on essaie de s'auto-réguler de sorte à avoir des exigences déontologiques à l'échelle de la profession qui soient strictes et qui soient respectées par un maximum d'acteurs. Typiquement, vous avez une union syndicale qui s'appelle Généalogiste de France, qui est notre représentant national, peut-être pas au niveau de la profession, mais en tout cas au niveau de la majorité des acteurs de cette profession, qui va établir des règles. Donc, on se réunit... généalogistes qui avons bien voulu adhérer à cette à cette union syndicale pour établir certaines règles typiquement une charte déontologique a été établie a été signé par tous les principaux acteurs de la généalogie c'est un document qui doit faire une vingtaine de pages et qui vous décrit sur une vingtaine de pages quels sont nos engagements tant envers nos clients les héritiers qu'envers les notaires et ce sont des engagements qui portent notamment sur le respect de la vie privée sur sur nos obligations en matière de conservation des données personnelles. Et puis après, on s'adapte au cas par cas aussi. Vous avez des dossiers dans lesquels vous retrouvez les héritiers. C'est des cas qui sont assez rares, mais les héritiers vont vous dire qu'ils ne veulent surtout pas que les autres héritiers aient connaissance de leur existence. Ce qui est un petit peu compliqué, puisque forcément comme je vous le disais tout à l'heure on va forcément signer l'acte de notoriété à un moment ou à un autre donc encore une fois l'acte qui identifie le défunt et ses héritiers donc il suffit que ses co-héritiers prennent une copie de cet acte et puis ils verront son nom de famille donc dans ce genre de cas quand on a quelqu'un qui ne veut surtout pas être contacté par ses co-héritiers souvent il y a des sombres raisons qui motivent ce genre de demandes on leur propose de les domicilier dans nos locaux, de sorte à ne pas révéler l'endroit ces personnes-là habitent. Donc, il y a un cadre établi par Généalogiste de France, il y a un cadre établi par l'ACNI, par le RGPD, etc. Il y a le cadre que vont nous imposer aussi nos clients, dès le début du dossier. Et voilà.

SPEAKER_00

Que pensez-vous des autres systèmes nationaux de généalogie

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

comme vous l'avez évoqué tout à l'heure, la France semble se baser principalement sur les archives publiques, tandis que d'autres pays, comme les Etats-Unis, semblent mettre en avant la recherche par

SPEAKER_01

l'ADN. Alors la recherche par l'ADN, c'est, oui, c'est quelque chose qui est interdit en France, et en Pologne aussi, je crois, au niveau de l'Union Européenne. Je crois que tous les autres, je demande à me faire fact-checker là, mais je crois que tous les pays de l'Union Européenne le pratiquent, quasiment, sauf la Pologne et la France. Je ne sais pas trop d'avis sur la question, honnêtement, j'ai pas trop creusé. Je pense que si elle est interdite en France, c'est pour des bonnes raisons. De mémoire, c'est une loi qui date des années 90 et qui contraint ou plutôt qui restreint l'utilisation de l'ADN à certaines matières uniquement, donc le judiciaire, la recherche, etc. Mais on peut pas librement, nous, faire des tests ADN et... se connecter entre guillemets avec nos cousins génétiques ou retracer un petit peu notre origine ethnique puisque c'est ça tout l'objet des tests ADN alors malgré tout en France même si c'est interdit même s'il y a une amende qui peut vous être appliquée si vous respectez pas cette obligation là, cette restriction vous avez je crois plus de 100 ou 150 000 tests ADN qui sont effectués chaque année donc c'est énorme et bon est-ce qu'il faudrait l'autoriser ou non honnêtement j'ai pas trop d'avis sur la question j'ai pas creusé après sur les autres systèmes de généalogie c'est ça dans les autres pays en fait la généalogie successorale c'est quand même quelque chose de très français dans le sens ça dépend de la réglementation de chaque pays. Vous avez des pays dans lesquels on n'hérite pas jusqu'au 6ème degré, on hérite jusqu'au 4ème degré. Vous avez beaucoup de pays dans lesquels le notariat n'a strictement rien à voir avec le notariat français. Donc nous, on a un environnement qui est parfait pour l'exercice de notre métier avec les notaires, avec le système d'archivage à la française, etc. Mais vous ne pourriez pas exercer ce métier-là dans tous les pays, ou du moins il n'y aurait pas un environnement favorable à cet exercice-là. Vous avez des pays qui sont encore de tradition orale, qui ne conservent pas forcément beaucoup d'archives en leur sein. Et vous avez des pays les règles de dévolution sont totalement différentes. Aux Etats-Unis, vous pouvez déshériter vos enfants sans trop de difficultés. Vous pouvez faire un testament au profit d'un tiers. Votre enfant ne touchera jamais un copex. L'affaire Johnny Hallyday, par exemple, c'était un petit peu ça. En France, vous ne pouvez pas déshériter vos enfants. Vous avez ce qu'on appelle une réserve successorale, donc vous avez une partie du patrimoine de votre défunt qui, même si votre défunt a souhaité donner son patrimoine à un tiers, n'a pas pu s'en déposséder totalement au détriment de ses enfants. Vous avez forcément une petite réaction du patrimoine qui le reviendra.

SPEAKER_02

Auriez-vous une ou plusieurs anecdotes concernant un dossier

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

particuliers

SPEAKER_01

de votre carrière qui vous a marqué ou que vous souhaiteriez nous partager des découvertes qui vous ont particulièrement surpris ou ému alors il y en a plein alors ça c'est une question très très difficile parce que honnêtement on en vit chaque semaine il y a une récente que j'ai vécu il y a une poignée de jours à peine donc il y a un notaire qui m'appelle qui me dit est-ce que t'es bien assis

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

et qui me dit bon ben voilà je suis en présence d'une dame dans mon bureau elle m'amène la succession de sa maman et elle m'indique qu'elle a un frère sauf qu'elle ne veut pas rentrer en contact avec son frère elle aimerait même pour faire un peu le lien avec le sujet de tout à l'heure elle aimerait même dans la mesure du possible que son frère ne sache pas elle habite ah bon pourquoi il l'a menacée elle est en danger etc elle pas forcément mais en fait ce monsieur c'est un tueur en série qui a été condamné dans les années 80. Elle a coupé complètement les ponts avec son frère après que l'affaire ait été jugée. Elle ne veut avoir aucun contact avec lui. Donc on a retrouver, du moins on doit retrouver cette personne-là. Et... Vous avez des cas comme ça que vous n'auriez jamais cru pouvoir vivre un jour. Là, on va devoir retrouver quelqu'un qui... Je ne sais pas s'il est en prison ou s'il en est sorti, mais il va falloir qu'on retrouve ce type de personnage-là. Et puis, vous en avez tellement d'autres. J'ai tourné une petite vidéo je raconte l'histoire d'une châtelaine. C'était un contexte assez similaire. Le notaire m'avait... en me demandant si j'étais bien assis. Et puis, en fait, vous aviez cette personne qui s'était installée dans le Tarn dans les années 80, qui avait acheté un château avec son mari. Ils avaient divorcé quelques années plus tard. Et au terme du divorce, c'est elle qui conservait la propriété du château. Et le notaire m'appelle et il me dit « Bon, ben voilà, cette personne est décédée. Il faut retrouver ses héritiers. » les objets qui pouvaient être contenus dans cette demeure et quand on arrive au pied de cette bâtisse et que on regarde la journée ou les journées de travail qu'on a devant nous pour faire l'inventaire des biens du défunt c'est quelque chose de très impressionnant et de très marquant après qu'est-ce que je peux vous raconter d'autre les recherches à l'international on l'a évoqué tout à l'heure c'est des cas qui nous arrive aussi tous les jours. Avec des cas plus ou moins heureux, malheureux. Un cas heureux que j'ai pu avoir d'une certaine façon, c'est ce dossier qu'on est en train de régler initialement le notaire m'appelle et il me confie un dossier pour retrouver les héritiers ou du moins, pardon, il m'appelle pour qu'on lui confirme qu'une personne décédée ne laisse pas d'enfant aux Etats-Unis. Donc on va aux Etats-Unis on vérifie, ok bon il n'y a pas d'enfant on revient en France, je m'apprête à déposer le dossier au notaire et mon chercheur me dit attends avant de déposer le dossier parce que en fait ce monsieur il avait 4 frères et soeurs et leurs parents étaient prédécédés mais il se rend compte en regardant l'acte de décès du père que le père il était en Espagne et qu'il avait passé une très grande partie de sa vie en Espagne avant d'arriver en France donc il me dit peut-être que cette personne qui est décédée ne laisse pas d'enfant mais on va quand même vérifier si son père n'avait pas déjà construit sa vie en Espagne avant d'arriver en France donc s'il ne laisserait pas peut-être d'autres enfants donc des demi-frères, demi-sœurs de notre défunt donc on va en Espagne et trois semaines plus tard bingo j'ai mon chercheur qui m'appelle il m'a dit bon bah premier mariage en Espagne six enfants de la première union donc il faut annoncer la nouvelle aux quatre frères et sœurs qui sont vivants leur dire bonjour vous avez six demi-frères, demi-sœurs Et bon, il s'avère que ces six demi-frères, demi-sœurs étaient tous décédés, mais qu'ils avaient tous des enfants, répartis au Venezuela, en Argentine, au Mexique, aux Etats-Unis, donc on s'est amusé à les retrouver. Et quand on les a retrouvés et qu'on leur a expliqué la situation, en fait, pour eux, c'était quelque chose d'hyper positif, parce qu'en fait, on avait ce couple avec le père de notre défunt qui a qui s'était marié avec une première femme en Espagne, et sous Franco, pendant la guerre entre les républicains et les franquistes, ils ont été séparés. Lui est arrivé en France, elle était partie en Amérique du Sud, avec les six enfants, du coup, et ils ne s'étaient jamais revus. Et vous avez des histoires comme ça, quand vous approchez les gens, vous leur révélez un grand point d'interrogation, vous levez un grand point d'interrogation sur leur vie, sur leurs origines familiales. Donc il y a des moments qui sont quand même assez... assez joyeux comme ça et vous en avez d'autres qui sont assez tristes il y en a un notamment qu'on a réglé il y a quelques mois il y avait ce monsieur d'origine ivoirienne arrivé en France pour travailler il décède à 18 ans dans le cadre de son travail et en fait quand on cherche ses parents, parce qu'on dit à 18 ans on va forcément trouver les parents donc en Côte d'Ivoire on cherche ses parents, les parents sont décédés mais il laissait en tout il y avait 5 ou 6 enfants donc lui il avait 4 ou 5 frères et soeurs qui n'étaient pas tous majeurs et donc vous devez prendre contact avec eux leur dire que leur grand frère qui travaillait en France et qui envoyait de l'argent est décédé et puis comme il était décédé dans le cadre de son travail on s'est battu nous pour récupérer l'indemnité de l'employeur enfin pas de l'employeur mais de l'assurance qui couvrait les les décès en cas de décès des salariés. C'était une procédure qui a été très longue. Ma collaboratrice de l'époque, qui avait beaucoup travaillé dessus, avait réussi à récupérer tous les éléments mais on avait bataillé dur et on avait au final, on avait pu envoyer environ 50 000 euros à ses frères et sœurs qui étaient en Côte d'Ivoire, qui n'avaient plus de parents, qui n'avaient plus de grands frères pour s'occuper d'eux. Donc il y a des cas comme ça qui sont assez tristes mais vous prenez à cœur de les régler parce que 50 000 euros pour nous en France, ça paraît déjà pas mal pour beaucoup de personnes, ça paraîtra être une somme importante. Mais alors pour des gens en Côte d'Ivoire, c'est encore plus important. Pour ce genre de dossier complexe, à peu près combien de temps peuvent-ils durer

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Sur des années, des mois

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ça dépend. C'est vrai qu'on pourrait être tenté de se dire que plus on va loin à l'étranger, plus ça va être difficile de trouver les héritiers, de les identifier et de régler la succession ensuite. On a beaucoup de cas comme ça d'ailleurs. moi j'ai des dossiers qui ont 8, 9, 10 ans entre la recherche et le règlement de la succession on peut rencontrer énormément d'embûches et puis vous avez des dossiers nos chercheurs, moi j'ai l'habitude de dire que c'est des magiciens parce que vous voyez ce dossier dont je vous parlais des neveux et nièces qu'on a retrouvés en Amérique du Sud au Mexique et aux Etats-Unis ce dossier on a retrouvé l'ensemble des héritiers je crois en un an à peu près donc ils avaient beau être répartis dans tout un tas de pays avec des conditions pour aller les retrouver très difficiles en un an on a quand même réussi à trouver tout le monde vous avez des dossiers qui prennent 2, 3, 4 ans de recherche ça peut arriver alors qu'on est en France donc en fait chaque cas est différent, chaque cas a ses propres problématiques je sais qu'en moyenne au niveau de mon cabinet on estime à peu près 2-3 ans la durée des dossiers, c'est à dire du du moment on est mandaté nous pour retrouver les héritiers, et le moment le dossier est définitivement clôturé, on a envoyé les fonds aux héritiers. Et puis sur cette moyenne de 2-3 ans, vous avez des dossiers qui durent 6 mois, vous en avez d'autres qui durent 10 ans.

SPEAKER_00

Voilà. Vous avez évoqué votre large base de données. Dans quelle mesure l'intelligence artificielle ou le numérique impacte-t-il votre

SPEAKER_01

profession

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors on n'a pas encore des... Je ne crois pas en tout cas qu'on ait des impacts extrêmement important de la part de l'intelligence artificielle. Ça va arriver, malgré tout, ça commence à arriver déjà. Si vous voulez, on parlait de bases de données, on parlait de registres matricules, de battues de recensement, de tous les actes d'état civil qu'on peut trouver dans les mairies, donc les actes de décès, les actes de naissance, les actes de mariage. Tous ces actes-là, une fois qu'on les a numérisés, on peut imaginer avoir un outil comme l'IA, on va lui demander, trouve-moi les actes liés à telle personne. Et on peut imaginer que l'intelligence artificielle va aller sélectionner tous ces actes-là et nous les amener très facilement sans qu'on ait à les chercher nous-mêmes. Donc nous faire gagner du temps, finalement. Bon, en réalité, on n'y est pas encore. Je pense que c'est des choses qui sont développées à plus haut niveau, mais ce ne sont pas des solutions qui sont encore matures, pour différentes raisons. Déjà, la CNIL protège, comme je vous le disais, notamment les archives qui ont moins de 75 ans et pour l'instant les solutions d'intelligence artificielle n'ont pas accès à ces états civils sauf que quand vous cherchez des héritiers en vie ce sont surtout les archives de moins de 75 ans qui vous intéressent et puis il y a d'autres raisons quand vous remontez je vous parlais d'un des plus vieux actes qu'un de mes chercheurs a trouver donc daté de 1820 quand vous remontez au 19e siècle l'écriture n'a rien à voir quand vous prenez un acte de naissance ou un acte de décès l'écriture n'a rien à voir avec l'écriture d'aujourd'hui déjà aujourd'hui tout est tapé à l'ordinateur donc c'est quand même très facilement lisible quand vous prenez un acte de naissance qui date de 1820 il faut avoir un oeil exercé pour réussir à lire l'écriture de l'époque reconnaître les lettres, les mots donc déjà que pour un humain exercé ça peut être délicat parfois on s'interroge souvent entre nous qu'est-ce que tu lis là, qu'est-ce que tu comprends je pense que pour une intelligence artificielle ça va être également très compliqué donc c'est des choses qui arrivent petit à petit mais pour l'instant on peut pas du tout se passer de l'humain dans notre métier je vois pas comment on pourra se passer de l'humain c'est pas possible honnêtement il faudrait pouvoir réussir aussi à connecter toutes les bases de données entre elles sauf que ça ce serait un travail titanesque donc non pour l'instant on est pas On n'est pas sur des solutions très matures à ce niveau-là.

SPEAKER_02

Concernant le

SPEAKER_01

point

SPEAKER_02

étudiant, comment donneriez-vous le goût de votre profession aux étudiants qui vous

SPEAKER_01

écoutent

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors, je pense qu'en leur racontant quelques anecdotes, ça pourrait leur faire envie. C'est un métier vous vous levez le matin, vous ne savez pas trop ce qui va vous arriver, déjà. Comme je vous le disais tout à l'heure, la journée qui dure 7 ou 8 heures et puis on rentre chez soi, ce n'est pas forcément notre quotidien. Je ne dis pas qu'on fait forcément des heures extraordinaires, mais simplement le cadre assez classique qu'on connaît de travail sédentaire dans un bureau, ça, ce n'est pas notre cadre-là. Vous voyez, aujourd'hui, mes chercheurs ne sont pas moi la plupart du temps je suis pas au bureau je crois que toute la semaine dernière j'étais en rendez-vous j'ai pas touché terre ou j'arrivais au bureau vers 18-19h pour récupérer des dossiers pour des rendez-vous que j'avais le lendemain donc on est dans un cadre qui est très dynamique qui bouge beaucoup on est en permanence en train de chercher un trésor que ce soit les chercheurs qui vont chercher des héritiers ou que ce soit moi quand je vais régler la succession je vais tomber sur des choses Vous voyez, la semaine dernière, on a fait un inventaire à Gaillac, dans le Tarn, en ouvrant une armoire qui appartenait à notre défunt. Les inventaires, je précise, c'est... Dans le cadre d'une succession, on se déplace au domicile du défunt, accompagné d'un notaire et d'un commissaire priseur, souvent. Commissaire priseur qui va évaluer le mobilier qui appartenait au défunt. Donc, lors de cette opération-là... vous entrez un peu dans l'intimité du défunt, dans sa maison, et vous découvrez souvent des choses étonnantes. Plus ou moins joyeuses, plus ou moins tristes, ça dépend des cas. Et là, c'était la semaine dernière, en ouvrant une armoire, je commence à avoir des sabres, des fusils, des pistolets, mais qui dataient d'il y a quelques dizaines, voire quelques centaines d'années. Et en étalant tout sur le lit, je ne peux pas vous dire de bêtises, mais je crois qu'on avait une trentaine ou une quarantaine de on avait une bonne quinzaine d'épées on avait plein de pistolets de pirates comme vous savez les vieux pistolets de l'époque et le commissaire priseur je crois qu'a prisé ça 20 ou 30 000 euros quelque chose comme ça et donc en vente aux enchères ça va encore certainement être vendu plus donc souvent dans le cadre des inventaires on découvre aussi des trésors donc si vous voulez c'est un métier qui bouge tout le temps vous voyez des choses que vous n'auriez peut-être jamais vu dans le cadre de votre vie perso vous évoluez aux côtés d'acteurs qui sont hyper intéressants les notaires qui voient énormément de choses qui rencontrent eux-mêmes énormément de situations délicates donc qui sont dépositaires d'une connaissance hyper intéressante sur ces cas-là vous avez les commissaires priseurs qui évoluent dans les ventes aux enchères qui sont des fins connaisseurs de l'art, de l'histoire de l'art qui sont des gens passionnés par leur activité Comme on le disait tout à l'heure, on évolue aussi aux côtés des avocats, des huissiers. Et puis, toutes les rencontres qu'on fait dans le cadre de notre profession, que ce soit nos clients, les héritiers, que ce soit les acquéreurs de biens immobiliers qu'on va vendre pour le compte de nos clients. En fait, tout le temps, tous les jours, vous faites la connaissance de gens que vous ne connaissiez pas, vous découvrez leur histoire. Et du coup, vous apprenez aussi beaucoup de choses de leur vie qui va vous impacter sur votre vie personnelle. Et c'est pour ça que je trouve qu'il y a une richesse incroyable dans ce métier. pour moi la distinction vie pro vie perso n'existe plus parce que ce métier c'est devenu pour moi en tout cas vraiment quelque chose de complètement intégré à ma vie et quand je vis une expérience pro elle me sert autant dans ma vie perso qu'elle ne me sert d'expérience dans ma vie pro donc je sais pas si ça donnera envie à quelques personnes qui nous écoutent mais mais voilà c'est dynamique ça bouge beaucoup on rencontre beaucoup de gens bon on gère aussi des problèmes parfois très complexes on perd espoir de réussir à résoudre ces problèmes le lendemain on saute de joie parce que alléluia on a trouvé la solution donc bon c'est un peu des montagnes russes aussi parfois en termes de de nouvelles qu'on reçoit

SPEAKER_00

vous avez évoqué au début de l'interview la motivation qu'il fallait avoir pour exercer si vous aviez un conseil à donner aux étudiants qui vous écoutent ça serait quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je pense que ce serait d'aller vers quelque chose qui leur plaît. C'est très basique ce que je suis en train de dire. L'expérience que je tire de mes 5-6 années dans l'entreprise j'ai exercé comme juriste d'affaires, c'est qu'au bout d'un moment, me lever le matin, aller bosser, je ne voyais plus du tout l'objectif. Je ne voyais plus du tout le lendemain, le pourquoi, le comment. Je n'étais plus du tout... passionné, pris par ce que je faisais. Et la chance que j'ai eue de pouvoir intégrer cette entreprise et ce milieu-là, c'est que ça m'a fait complètement redécouvrir mon lien avec le monde du travail, au point que, comme je vous le disais, pour moi, vie pro, vie perso, ça n'existe plus vraiment. C'est devenu la même chose. Et je souhaite à tout le monde de ressentir ça. Je pense que tout le monde n'est pas fait pour vivre sa vie professionnelle de cette façon. Je pense que beaucoup de gens préféreront tout toujours séparer les deux secteurs d'activité, ces deux phases de leur vie. Mais moi, je souhaite en tout cas à tout le monde de trouver un métier dans lequel ils soient passionnés, ils puissent s'investir à fond. Et je pense que quand on est un peu comme moi... qui, quand j'étais étudiant, je ne savais pas exactement je voulais aller, est-ce que je voulais faire, je n'avais pas forcément de métier type en tête, je pense qu'il faut mettre le pied à l'étrier. Il faut foncer, il faut choisir une voie, il faut commencer à faire ses premières armes, il faut endurer de temps en temps le fait qu'on se dise « je ne me sens pas forcément à ma place » ou « je ne sais pas trop ce que je veux faire ». Il faut endurer ces phases-là, il faut baisser un peu la tête, il faut travailler, et le travail finit toujours par payer. Si on est curieux, si on on va à la rencontre d'autres professionnels du droit si on écoute votre podcast régulièrement et qu'on essaie de trouver l'inspiration chez les professionnels je pense qu'au bout d'un moment on trouve toujours quelque chose qui nous plaît et je pense aussi qu'il ne faut rien lâcher vous voyez j'ai l'exemple d'une fille qui m'écrit depuis un an ou deux elle veut un stage et elle ne lâche pas et tous les 3-4 mois elle m'écrit et je crois que je vais finir par craquer et lui accorder le stage qu'elle me demande depuis autant de temps. Je pense que quand on a des idées bien arrêtées, comme ça, il ne faut pas

SPEAKER_02

lâcher. Et enfin, pour conclure, s'il était possible

SPEAKER_01

de réaliser un épisode avec la personne de votre choix, qu'elle soit accessible ou non, qui serait-elle et pourquoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Un épisode comme celui qu'on est en train de... Ok.

UNKNOWN

Euh...

SPEAKER_01

Alors je pense que ce qui serait intéressant, objectivement, ce serait soit de faire une interview avec soit un notaire, soit un héritier, soit... Pour comparer un peu les expériences qu'on a chacun de notre côté, notre point de vue, comment on aborde la succession, comment on la traite, quels sont nos enjeux, nos problématiques respectives. Je pense qu'un héritier, il aurait beaucoup de choses à dire aussi sur la manière avec laquelle on l'approche. Je pense que quand on toque à votre porte et qu'on vous dit « Bonjour, vous êtes héritier dans une succession », vous devez passer par plusieurs émotions différentes. Et même au cours du règlement de la succession, il doit y avoir des... tannurus émotionnel Et puis, à titre plus personnel, quand vous avez dit faire une interview avec quelqu'un, même que ce ne soit pas possible, moi, j'ai en tête une défunte dans le cadre d'un de mes dossiers qui a eu une vie complètement atypique, complètement atypique. Et j'étais passionné par son parcours de vie pendant tout le règlement de la succession. J'ai rencontré des gens qui m'en parlaient... évidemment elle est décédée aujourd'hui mais au delà de sa succession qui a été passionnante à régler j'aurais adoré avoir une conversation avec cette femme et l'interroger sur pourquoi vous avez fait ça mais à quel moment vous avez décidé de faire ça et puis ce bien immobilier pourquoi vous l'avez acheté tout un tas de questions que

SPEAKER_02

j'aurais aimé lui poser très bien Nous vous remercions, monsieur, pour votre temps.

SPEAKER_01

Merci, merci à vous. Bonne journée. A vous aussi. Merci, au revoir.

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